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Première analyse rapide du projet de LMBO chez Coheris
Annoncé la semaine dernière après une demande de suspension de cours auprès de l'AMF, le projet de reprise de la société Coheris par une société holding détenue par quelques actionnaires salariés, semble avoir été annoncé dans la précipitation. Nous avons souhaité en savoir un peu plus sur le calendrier de ce projet.
Deux groupes d'actionnaires s'opposent actuellement autour de Coheris et de la stratégie financière à court terme. Fabrice Roux, actuel PDG de l'entreprise, s'est associé à d'autres membres des instances dirigeantes de l'entreprise pour monter un projet de reprise. De l'autre côté, l'actionnaire principal, la société indienne Jindal, ne semble pas en accord avec ce projet et a annoncé avoir franchi à la hausse le seuil de 15% du capital, grâce en particulier à un achat de 200 000 titres sur le marché, juste avant la suspension de cours. Paul Landucci, ancien PDG de Harry Software l'entité Business Intelligence de Coheris, aurait monté avec Jindal un projet alternatif de relance de l'entreprise.
Même si les détails et la sur-communication de chacune des parties en cette période de crise, rend le message final plus que confus, le problème est finalement simple : on est face à une concurrence entre deux projets incompatibles entre eux, de reprise de l'entreprise, de changement de management, et de plan de développement.
D'un côté le projet de la direction actuelle, un LMBO c'est à dire une reprise par certains salariés. Un projet dont on ne connaît pas grand chose : le communiqué d'annonce parle du soutien de financiers mais sans les citer, ne donne aucune information sur le prix de reprise et celui de l'OPA qui serait proposée aux actionnaires. Fabrice Roux nous a confirmé le 15 juin qu'un nouveau communiqué devrait être publié, “certainement en fin de semaine prochaine, pour donner de nouvelles précisions”. Même s'il semble avoir été annoncé dans la précipitation, suite aux événements de la semaine dernière, Fabrice Roux nous confirme cependant que “un LMBO ne se monte pas en quinze jours, nous le préparons depuis des mois”.
En parallèle, un autre groupe d'actionnaires, conduit par Paul Landucci, qui bénéficierait de l'appui de l'actionnaire majoritaire Jindal, a monté un projet alternatif. Ne disposant pas des même moyens de communication, et ayant été démis de ses fonctions de PDG de Harry et de DGA de Coheris, Paul Landucci n'a pas encore eu l'occasion de présenter en détail son projet au marché. D'après les documents auxquels nous avons pu avoir accès, ce projet s'appuie essentiellement sur une réorientation du groupe Coheris vers le métier d'éditeur de logiciel, alors que le projet de la direction actuelle serait essentiellement basé, selon Paul Landucci, sur une activité de société de services. Autre composante de ce projet alternatif, un changement complet de gouvernance du groupe et donc de son management.
Les deux parties s'opposent également sur la forme. Paul Landucci qui était il y a encore deux semaines DGA de Coheris et qui est toujours administrateur du groupe, affirme que le projet de LMBO a été monté sans lui : “Fabrice Roux a rapidement expliqué en ma présence qu'il avait mandaté un intermédiaire financier qui devait se charger de trouver des investisseurs. A aucun moment, on ne m'a présenté à cet intermédiaire ou à un investisseur potentiel”. Il affirme en revanche avoir “présenté et soutenu depuis plusieurs mois une stratégie produit et de développement de l'entreprise, réalisée en équipe avec des managers du groupe”. Version clairement contestée par Fabrice Roux qui affirme que “Paul Landucci en était parfaitement au courant [du LMBO] et que sa passivité par rapport à ce projet ne nous étonne plus maintenant...”
En conclusion, cet affrontement entre deux projets risque bien de faire des dégâts dans les deux camps. Certains salariés, ainsi que certains membres du comité d'entreprise se sont exprimés publiquement en faveur de l'un ou l'autre des protagonistes. Il leur sera bien difficile dans le futur de continuer éventuellement à travailler ensemble.
Du côté des financiers, cette bataille juridico-médiatique risque bien d'en refroidir quelques-uns. Alors qu'ils pensaient participer sagement à l'un ou l'autre des projets, ils risquent de voir leurs noms mêlés à une affaire qui va forcément rapidement se déplacer sur le terrain judiciaire.
Du côté des clients, et surtout des prospects, ces perturbations les pousseront certainement à temporiser leurs investissements, soit pour attendre que le calme soit revenu, soit pour se tourner vers un autre fournisseur. Le chiffre d'affaires du deuxième trimestre 2008 devrait en pâtir, surtout dans sa composante vente de licences.
Prochaine étape, un conseil d'administration qui devrait se réunir dans les prochains jours, avant l'assemblée générale de Coheris prévue houleuse le 25 juin prochain.
1. Posté par
Paul Landucci
le 16/06/2008 08:58
Démenti.
Etant mis en cause dans cet article par une citation de Fabrice Roux, j'entends contredire l'affirmation faite. Je la considère comme contraire à la vérité.
Je nie avec la plus grande fermeté l'assertion de Fabrice Roux, selon laquelle : “Paul Landucci en était parfaitement au courant [du LMBO] et que sa passivité par rapport à ce projet ne nous étonne plus maintenant...”
Outre le fait que j'affirme n'avoir jamais été impliqué ni même informé de ce projet de LMBO, je n'ai été jamais été invité à participer à quelque réunion que ce soit sur ce sujet, ni rencontré aucun des intermédiaires ou financiers.
Je contredis totalement la "passivité" que j'aurais montrer dans les tâches que j'ai, jusqu'au 26 mai 2008, réalisées en équipe et en transparence avec les managers de toutes les unités du Groupe.
L'évocation de « ma passivité » devrait amuser les collaborateurs de Coheris qui ont eu à travailler avec moi.
Je vais exercer mon droit de réponse eu égard à ces propos vexatoire et affirmations dénigrantes.
Il est manifeste qu'une communication permanente destinée à me dénigrer ou à me déstabiler est actuellement organisée.
Paul Landucci.
2. Posté par
Max
le 16/06/2008 10:35
L'actionnaire principal de COH reste le public avec 60% de flottant. Cette opération ressemble à une tentative de retrait de la cote à bon compte, ou plutôt à 2 tentatives concurrentes qui ont le même objectif.
Une communication floue, qui crée une inquiétude maximale parmi les petits actionnaires va aussi dans ce sens.
La seule façon de lever ce doute est l'affirmation qu'au delà de la mise en place d'un actionnariat de contrôle stable, l'objectif des uns et des autres est que COH reste cotée.
3. Posté par
RSpk
le 16/06/2008 23:39
de toute façon , c'est celui qui proposera le + qui prendra le pouvoir ; car la plupart des actionnaires sont rincés à ce cours et ce qui les motivera c'est de sortir au mieux.IL y aura donc une proposition de lmbo , puis une contre offre de jindal , puis ??? A un moment le cours deviendra interessant , plus hélas certainnement qu un projet interessant et un des 2 camps gagnera .Qui ???l'avenir nous le dira , mais pour l'avenir de la société et l'interet de celui qui gagnera je pense qu il vaut mieux que ce soit rapide .Donc pour moi celui qui mégotera perdra . A suivre RSpk
4. Posté par
Paul Landucci
le 18/06/2008 23:16
Monsieur et cher Philippe,
Ayant été gravement mis en cause dans votre article du 16 juin, par Monsieur Roux qui y déclare :
« Version clairement contestée par Fabrice Roux qui affirme que “Paul Landucci en était parfaitement au courant [du LMBO] et que sa passivité par rapport à ce projet ne nous étonne plus maintenant...” »
Conformément aux dispositions de l'article 13 de la Loi du 29 juillet 1881, je vous remercie de publier votre site le droit de réponse suivant, ainsi que la pièce attachée.
Je souhaite y apporter une réponse claire sur deux points majeurs :
1. Le fait que j'ai été impliqué ou même informé d'un projet de LBO
2. La passivité dont j'aurais fait preuve sur ce projet.
Le LBO
J'étais, jusqu'au 3 juin 2008, DGD du Groupe Coheris, en charge de la Stratégie et du Développement, membre du Comité de Direction Organe de Direction et de contrôle tel que décrit dans le Rapport Annuel de Coheris, et jusqu'au 26 mai PDG de Coheris HARRY et en charge du pôle Business Intelligence du Groupe Coheris.
Je suis toujours actionnaire de Coheris.
S'il est vrai que Fabrice Roux a rapidement expliqué en ma présence, qu'il avait mandaté un intermédiaire financier qui devait se charger de trouver des investisseurs. Lesquels auraient pris des participations significatives dans Coheris, pour consolider le capital de Coheris et se protéger d'une OPA hostile.
Cela ne m'a pas paru différent de ce qui se fait régulièrement dans les ‘réunions Midcaps' destinées à convaincre des investisseurs institutionnels à participer au capital.
En revanche, il me semble qu'un LBO, c'est une équipe de managers qui présente un projet d'entreprise à des investisseurs pour créer une holding, qui utilisera de la dette bancaire pour lancer une OPA. Dont un investisseur français de « grand renom », filiale d'un groupe bancaire parmi les clients de Coheris-HARRY, comme il l'a affirmé au Forum HARRY du 5 et 6 juin 2008.
A aucun moment, on ne m'a présenté à un intermédiaire (conseil en M&A) ou à un investisseur potentiel. Ces derniers pourront le confirmer sans doute et l'expliquer à l'annonce du plan qui ne devrait plus tarder maintenant, depuis son annonce faite au Marché par le management le 11 juin dernier.
A aucun moment, Fabrice ne m'a demandé de participer à l'élaboration d'un business plan ou à des présentations d'aucune sorte, c'est d'autant plus dommage, que par ailleurs, les nombreux documents, présentations en Powerpoint sur la stratégie Produit et les propositions que je faisais de développement tant commercial que technique, étaient acceptées par le « top management » du Groupe. Ces propositions étaient été réalisées avec le Directeur R&D et le Directeur Client.
Il est patent que je ne faisais pas partie des managers élus ou dans la confidence de ce projet « restricted », qui se construisait sans moi.
Ou se prépare, sans moi.
Ce qui ne veut pas dire, évidemment qu'il ne retient pas les idées que nous y avions développées…
2 – Passivité
Ce terme est mensonger : comment être actif sur un montage auquel vous n'êtes pas convié !
Il est en plus totalement ridicule eu égard à l'énergie et à la créativité que j'ai dépensées pour le bien de ce Groupe depuis plusieurs années.
Le courrier des équipes de Business Intelligence envoyé à Fabrice Roux, signé nominativement, présente entre autres les travaux que j'ai réalisés ou emmenés depuis au moins 18 mois. Je vous demande de le citer.
Je l'ai toujours été réalisé en impliquant les équipes de tous les départements fonctionnels et des filiales du Groupe concernées.
J'ai présenté et soutenu depuis plusieurs mois, une stratégie produit et de développement de l'entreprise, construite en équipe avec les managers du Groupe.
Fabrice pourrait me reprocher plutôt une hyperactivité que de la passivité.
Ce projet présenté aujourd'hui par le management de Coheris comme « absence de projet alternatif » est aujourd'hui, le projet que je pense nécessaire, indispensable à Coheris pour enfin créer la valeur des synergies dont elle recèle. Eviter un gâchis.
Ce projet est bien entendu soutenu par plusieurs actionnaires, dont le principal.
Ignorant tout du business plan qui a soulevé l'accord formel des investisseurs évoqués dans le communiqué qui a suivi la suspension du cours, je reste perplexe quant à la place que l'Edition ou la BI y ont.
Nous en saurons plus dans quelques heures sans doute !
Je n'imagine pas que le poids de la Business Intelligence et de l'Edition dans l'activité de la société ait été minimisé par rapport à la réalité, telle qu'elle apparaît aujourd'hui.
Paul Landucci
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